Profession : taxi

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"Le regard d'un photographe est toujours empreint de sa propre culture".

On croit bien voir avec ses yeux. De fait on ressent. Je me méfie des yeux. Au plus ils sont un indicateur. Il suffit de changer la couleur de ses lunettes pour découvrir le monde différemment. Et on s'étonne de lire le monde autrement !

Ce taxi m'éveille pleins d'images : la ringardise confort, le vintage, le moelleux du siège, la joyeuse vetusté, la chaleur, la proximité, la porte qui ferme mal, les 2mn de marchandage, l'odeur de tabac, la simplicité, l'ultra simplicité, la vie des gens simples, la vie des vrais gens, la vie tout court, l'odeur du carburant, la descente au point mort, la bouteille de carburant, les chroniques d'un chauffeur, la vie quotidienne d'un père de famille, la vie sans iPod, le bavardage de tout et de rien. La vie quoi !

Profession : Styliste talentueux. En avant première

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Quand j'ai fait la connaissance de Hagamainty il y a deux ans, j'ai découvert un styliste + une personnalité.

Le tout donne des créations urbaines, portables, fashion, stylées. Aux couleurs des grandes villes de ce monde. Le genre de pièces qu'on porte au boulot, en journée, en soirée, le week-end, en vacances, enfin tous les jours. On est dans la tendance sans être (fashion) victim. Il a un bel univers artistique à lui, c'est d'abord un oeil attentif et sensible aux femmes ! Bref je l'aime beaucoup.

Entre Tokyo, Paris, Tana, Hagamainty puise son inspiration à travers le monde. Malgache, parisien, cosmopolite à la fois. Ce week-end, il présente en avant première sa collection Eté 2008. Ca se passe à Paris, samedi 12 et dimanche 13 avril. Une excellente manière de découvrir en exclusivité des pièces - so hype - avant tout le monde.

Je suis sympa, je vous file l'adresse (par mail) pour découvrir en privé sa collection Eté. A bientôt ?

Edit samedi 12: je ressors de cette présentation Eté 2008, pétrie d'admiration. Ca vaut vraiment le coup de vous déplacer ce dimanche 13 avril. La présentation de Hagamainty est associée aux jolis sacs de Lisa qui recustomise entèrement des sacs vintage (chaque création est unique !). Allez-y nombreuses : 11 rue du Pont au Choux Paris 3.

Les Trois Grâces

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Elles sont fortes à trois.

Qui de nous quatre est la plus impressionnée ? Je n'ai pas grand chose à leur prouver. Peut-être l'appareil photo ? Bien peu de chose comparé à leurs grâces. Je suis séduite. Elles ignorent à quel point. Nous nous trouvons sur cette immense étendue bitumée, entre Tana et Diégo. Pas le moindre bruit. Je ressens une troublante sensation de paix. Je leur dois cette sérénité.

Il vous faut imaginer ce silence. Une enveloppe de silence. Une route sans circulation. Un endroit vide de gens. A peine quelques paroles échangées entre elles. Je les ai vues arriver de loin. C'est leur allure. Une démarche harmonieuse. Imperturbables. Gracieuses. Silencieuses. Elles ne sont guère impressionnées par mon réflex. Je les dévisage.

Tout est naturel. Pas d'ipod, pas de forfait, pas de portable, pas de sac à main. Rien...Sinon tout. La liberté ? Surtout l'essentiel. La vie. La vraie vie. Dans toute sa densité. Celle qui fait briller sereinement leurs pupilles. J'ai du mal à les quitter.

ps: vous le savez Tana pour Antananarivo et Diégo pour Diégo Suarez (au nord de Madagascar)

ps bis: j'ai failli intituler cette note les Quatre Grâces...vous auriez trouver cela certainement prétentieux. Isn't ?

2 ans

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2 ans le 13 mars 2008. C'est l'âge de ce blog.

Quand j'ai commencé ce blog, je me suis dit "on verra bien". On verra bien ce que je vais en faire, avec en arrière train l'idée de parler de vous parler de ce pays. A ma façon.

C'était une démarche de coeur au départ. Et cela le reste.

Madagascar, c'est le pays de mes anciens. C'est le pays de mes années lycée. C'est un pays qui m'inspire des valeurs. J'aime bien ça ! C'est comme la chanson : on a tous quelque chose en nous de Tennessee Mada. Si si je vous assure, on a juste tendance à les oublier. La dignité humaine, la fraternité, le respect d'autrui, tout ça.

Je suis contente aussi de connaître d'autres ailleurs. Vous aurez compris mon attachement à la culture occidentale, les valeurs qu'elle peut véhiculer. Complémentaires et enrichissantes. C'est aussi mon histoire. Ce n'est pas le nord contre le sud ou le sud contre le nord. Idéalement c'est les 2 ensemble. Idéalement cela fonctionne sur le blog. J'aimerais bien que cela puisse se dérouler également dans la vraie vie. Je rêve ?

ps: j'ai pris cette photo à Majunga

Web socialites succumb to "Facebook fatigue"

Garcon

C'était ma lecture quotidienne en 2005. Le journal The Times. Dans le métro londonien. Tous les matins. Pour rejoindre mon travail. From Brixton station to Camden Town station. 45 mn de trajet pour me transférer du sud au nord de Londres. De Brixton, je prends la ligne Victoria, direction Euston station. De là, je prends la Northern line. Jusqu'à Camden Town. Le quartier des graphistes, des designers, des marchands d'art. On peut le dire, des "arty". Camden Town. "Mind the gap !" me prévient tous les matins Emma Clarke.

Bref durant tout mon trajet underground, je fais comme tous les londoniens. Je lis mon journal. Comme tous les londoniens. Rituel quotidien. Au début le Guardian (ça fait très sérieux), je passe ensuite au non moins sérieux The Independent. Finalement je me décide pour le Times. Je l'adopte pour son format, la variété des sujets (des plus trashs au plus économiques...so British), et puis j'ai l'impression d'assez bien comprendre les articles ! Je ne me contente pas de regarder les photos.

Par période, je ressents une pointe de nostalgie pour cette lecture londonienne. Alors j'achète le Times à son prix fort chez le marchand de journaux parisien, trop content de monnayer ses rares exemplaires.

Comme j'aime partager, je vais partager. Un article du Times justement, daté du 22 février 2008. C'est sur Facebook. Un bout en anglais pour le plaisir de la langue. Et puis en français quand même; je l'ai traduit pour vous les francophones. Intéressant...

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Time is relation

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Et si la vraie bonne résolution c'était le temps ? Prendre du temps. Avoir du temps. Se consacrer du temps. Bref prendre le temps d'avoir du temps.

Douce illusion que la course au temps. Gagner du temps. Vraiment ? Ou récolter du vent ? Les uns ont la montre, les autres ont le temps. Il faut choisir.

J'ai été interpellée par cette scène à Antananarivo. L'histoire se déroule en pleine ville, à proximité du marché. Bruyant, animé. Et juste à l'écart un temps de vie. De silence aussi. Le père et l'enfant trop liès à cet instant pour se laisser happer par le reste. Un temps de partage où se glisse le bonheur du temps bienveillant. Du temps social. Humain. Nécessaire. Salutaire.

Time is money. En réalité je préfère, Time is relation.

Joyeuses fêtes

Hommeriziere

Je vous souhaite de très joyeuses fêtes de Noël et de Nouvel an. Je vous souhaite le meilleur où que vous vous trouviez dans le monde. Et si cet homme nous inspirait la paix ?

Portez vous bien !

Profession : Humain

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J'ai serré la main d'un grand homme aujourd'hui. Un grand monsieur aux allures de grand sage. Vous savez un peu celui à qui on ne la raconte pas. Un monsieur au regard clair, la soixantaine environ, la respiration mesurée. Le monsieur est bavard, il s'emballe en racontant le Madagascar de sa jeunesse. Je le rassure, le pays n'a pas tant changé. Il est rieur, presque soulagé.

De Madagascar, nous parlons ensuite de l'Algérie, son pays natal. La terre de ses parents. Son pays affectif me dit-il. Il s'empresse toutefois de souligner son attachement à la douce France (il vit aujourd'hui entre la France et l'Algérie). Ce monsieur porte les deux cultures, française et algérienne. Il les revendique. Cela me fait penser à ma double facette. Mon double visage identitaire. Française et malgache. J'ai une identité à visage multiple. C'est plus qu'une réalité administrative. C'est une sensation organique qui fait que je ne peux pas choisir. Comme je ne peux pas préférer mon bras gauche à mon bras droit. (si si).

C'est comme cela. Et c'est aussi pour cela sans doute que je mesure la richesse des différences sur cette terre. Chaque jour.

Elle avance

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Un grand classique, les scènes de rues, Antananarivo. Chercher les regards, observer, être à l'affût du détail insolite. Mais il n'y a pas d'insolite, seulement la vie, la vraie vie, celle des gens qui ont milles choses à faire et à penser. Dans la journée.

Et puis il y a cette fille forte qui se fraie un chemin parmi la foule. Des ruelles à contourner, des choses à régler. Elle avance, elle n'a pas peur, elle réajuste en marchant sa ceinture de sécurité.

Quand on veut

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bien regarder.

A la vie comme à la mer. Et hop ! Pris sur le vif. Pour réussir la prouesse, il a surtout pris de l'élan. La scène se joue à quelques sables devant moi, j'ai eu de la chance. Même si je n'aime pas bien cette expression. La chance on la provoque en général...

Pris sur le vif donc. A quoi reconnaît-on un homme ?

Je crois qu'il se lance.

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